Les mauvaises blagues ou les lapsus de Mélenchon aux meetings de Lyon et Perpignan ont été instrumentalisés pour un procès en antisémitisme et complotisme, d’abord par la presse et les appareils politiques de droite et d’extrême-droite, puis ensuite par une partie de la gauche, le PS en faisant maintenant un point de rupture des accords de second tour des municipales.
L’offensive réactionnaire contre la FI n’est pas étonnante, elle s’inscrit dans une campagne systématique d’inversion des valeurs et repères, visant à criminaliser la gauche de rupture et plus largement les mouvements sociaux, notamment dans leurs critiques de la politique du gouvernement israélien, et à faire du RN un parti tout à fait respectable. C’est également le cas dans d’autres pays, comme l’Angleterre ou Corbyn a été scandaleusement accusé d’antisémitisme.
Par contre à gauche, le risque de fracture est important et délétère, avec l’abandon d’un front antifasciste qui a toujours été constitutif de notre camp social, cela pour des objectifs électoraux à court terme. Cet abandon est grave. Si nous ne pensons pas que Mélenchon soit antisémite, il n’en reste pas moins que ses déclarations desservent les campagnes municipales en cours, car elles mettent la FI en état d’accusation et en situation de possible isolement, renforçant ainsi la logique de la « citadelle assiégée ». Elles brouillent le message politique global et la forte dynamique des campagnes en cours.
L’unité de notre camp social face au fascisme, syndicats, partis, associations, mouvements citoyens est vitale. Elle l’a été historiquement depuis les années 30. A Toulouse, dans la lignée d’une longue pratique unitaire, un appel à la résistance et la contre-offensive est lancé par des syndicats, des associations et des partis de gauche. La GES 31 appelle à soutenir cette démarche unitaire.





