Le 22 mars au soir, Moudenc est annoncé gagnant à 54%, avec une avance conséquente de 13 200 voix sur François Piquemal dont la liste fusionnée Demain Toulouse – La Gauche Unie obtient quand-même 80 000 voix. Ce résultat a été d’autant plus mal ressenti que l’écart en voix au deuxième tour est important. Les premières analyses indiquent que Moudenc a fait la différence en gagnant 33 700 voix supplémentaires alors que François Piquemal en perd 3 600 par rapport au total des deux listes de gauche.
C’est encore une fois le paradoxe d’une ville dirigée par la droite, et le même maire qui commence sont 4° mandat, et une ville qui a régulièrement voté à gauche, que ce soit à la présidentielle de 2022 (Mélenchon en tête à 37%), ou aux législatives avec l’élection de 3 député.es LFI et une députée Les Ecologistes.
Il est encore trop tôt pour tirer tous les enseignements de ces résultats. Mais plusieurs constats émergent et sont autant d’enseignements pour le futur.
Tout d’abord, c’est la forte mobilisation de la droite, d’une classe bourgeoise qui veut protéger ses intérêts, qui explique la victoire de son candidat local. Toute la campagne de Moudenc vise à provoquer un réflexe de peur et de classe. Les beaux quartiers ont voté massivement et tous les réseaux ont été mobilisés, professions libérales, propriétaires foncier, écoles privées, milieux d’affaire et sportifs, clientélisme du maire dans les quartiers populaires… C’est aussi visiblement un vote des plus âgé.es dont la très grande majorité a voté pour le conservatisme.
Moudenc a également asséché le vote d’extrême-droite, en menant une campagne fortement « trumpisée », de bas niveau, agitant la peur du « mélenchonisme au Capitole », invoquant le départ des usines d’Airbus de Toulouse et autres fausses informations !
De manière indigne, Moudenc a repris avec violence les accusations d’antisémitisme à l’encontre de François Piquemal. Ils ont été avec François Briançon scandaleusement pris à partie avec des insultes et des menaces de mort lors de la commémoration des attentats de Toulouse, devant Moudenc et des élus de son camp complices. A ce triste tableau, il faut ajouter une active campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux justifiant un recours en justice de François Piquemal.
Mais pour autant la campagne de la liste de François Piquemal a été une belle campagne, dont nous pouvons être fier·ères !
La mobilisation de la jeunesse, des militant.es des différentes composantes, Assemblée des Quartiers, NPA, mais aussi des actrices et acteurs des mouvements sociaux ont été importantes et riches pour l’avenir. Cependant beaucoup de jeunes ne sont pas encore inscrits sur les listes électorales et les quartiers populaires malgré une présence militante constante, ne se sont pas suffisamment mobilisés. L’abstention a été notre ennemie !
La fusion politique entre les deux tours, avait un petit air de Nouveau Front Populaire. Elle a été sincère, équilibrée, montrant qu’à Toulouse il y avait une vraie tradition de gauche et d’unité.
Si le plein de voix n’a pas été atteint à gauche, le résultat avec Toulouse Demain en tête au premier tour et 80 000 votants au second, est le produit différé d’une présence et du poids de la gauche de rupture à Toulouse depuis des décennies et d’une pratique unitaire ancrée dans l’histoire sociale de la ville. Les appels du Printemps Toulousain et des Victoires Populaires, mais aussi d’élu.es, de syndicats UD CGT et FSU31, de simples citoyen.nes pour la fusion ont aussi porté leurs fruits, même si la pression n’a pas été suffisante pour élargir le socle des composantes de la liste Demain Toulouse dès le début, les Ecologistes et Archipel Citoyen faisant le choix d’une alliance contre nature avec le PS et les autres forces sociales démocrates, à l’opposé de leurs engagements écologistes, comme sur l’A69 ou la LGV.
La campagne systématique de la Dépêche contre la liste Demain Toulouse puis contre la fusion au second tour a aussi pesé lourd dans le résultat. Carole Delga restera, encore une fois, dans nos mémoires pour son soutien actif à cette campagne de dénigrement qui a pesé sur le report des voix !
François Piquemal a été le candidat « d’une gauche solide sur ses appuis » qui doit perdurer. Il est apparu porteur d’unité et s’inscrivant dans une tradition de luttes (logement, flottille pour Gaza), prenant en référence Alda Calau de Barcelone et sa démarche citoyenne. Dans un climat national délétère entre les différentes forces qui ont participé au NFP, il a su défendre la nécessité de l’unité et d’un programme de rupture.
L’engagement auprès des élu.es de la liste Demain Toulouse, mais aussi autant que possible avec celles et ceux de la liste de François Briançon est une nécessité pour gagner demain. Nous devons cela aux 80 000 électeurs qui ont apporté leur vote.
Gauche Ecosocialiste 31





