Municipales à Toulouse : Une tribune de Christine Arrighi et Marc Péré « ne pas céder aux scénarios de peur, préparer l’économie de demain »

Des scénarios alarmistes ont été avancés par le MEDEF ou la CPME en cas de victoire de la gauche unie au Capitole : gel d’embauches attribué à des entreprises anonymes, menaces sur le projet de LGV, risques supposés de délocalisation d’activités aéronautiques, remise en cause de réserves foncières industrielles ou encore incertitudes sur la réalisation de la ligne C du métro.Les prises de position des organisations patronales sont légitimes dans une démocratie. Elles doivent toutefois s’inscrire dans un débat fondé sur des faits vérifiables, une analyse rigoureuse des responsabilités et une vision d’avenir pour notre territoire.

Reprenons point par point ces craintes qui sont sans fondement.

Lorsque des organisations patronales affirment que « des entreprises » envisageraient de geler leurs embauches ou de déplacer des activités en cas d’alternance, sans jamais identifier ces acteurs ni documenter ces décisions, chacun conviendra que de telles assertions ne peuvent constituer une base sérieuse de débat public.
Agiter la menace d’un départ d’activités aéronautiques vers Hambourg ou d’autres sites européens relève davantage d’une mauvaise polémique dans le débat électoral que d’une analyse économique sérieuse : la filière repose sur un écosystème industriel, scientifique et humain construit depuis des décennies. La vitalité économique et l’emploi résultent de dynamiques collectives de long terme et ne dépendent pas uniquement, loin s’en faut, des majorités municipales. Les documents d’urbanisme adoptés ces dernières années ont par ailleurs sécurisé des réserves foncières indispensables au développement industriel. Leur mobilisation devra continuer à conjuguer croissance productive, qualité de vie et transition écologique.
Le débat public ne gagne rien à être brouillé par des mises en cause infondées. La ligne C est un projet structurant qui a vocation à être mené à son terme. En revanche, la question des mobilités est plus vaste. Elle devrait être au cœur des préoccupations car les améliorer est aussi un enjeu majeur sur le plan économique. Les difficultés quotidiennes de circulation, le sous-dimensionnement de certaines dessertes et l’accès inégal aux transports collectifs pèsent sur l’organisation du travail, sur la compétitivité des entreprises et sur l’équilibre de vie des salariés. Quant à la LGV, les incertitudes qui pèsent aujourd’hui sur son calendrier ou son financement tiennent avant tout aux arbitrages budgétaires nationaux et aux priorités d’investissement de l’État.

De la même manière, la question du logement et du pouvoir d’achat influence directement la capacité des entreprises à recruter et à fidéliser leurs salariés. Dans plusieurs grandes métropoles françaises, des dispositifs d’encadrement des loyers ont été mis en œuvre sans compromettre le dynamisme économique. Permettre aux actifs, aux étudiants et aux familles de vivre à proximité de leur emploi constitue un facteur essentiel de stabilité et de développement. La question de l’utilisation des aides publiques au développement économique doit être abordée avec franchise.

Le dossier Latécoère, marqué par des soutiens publics significatifs suivis de décisions de restructuration et de délocalisation du site de Montredon, a suscité de nombreuses interrogations légitimes sur les contreparties exigées et sur le rôle des collectivités dans la défense de l’emploi industriel local. Plusieurs élus du territoire, des organisations syndicales et des acteurs économiques avaient alors publiquement interpellé la majorité conduite par Jean-Luc Moudenc. Ce précédent concret montre que les risques pour l’emploi industriel ne relèvent pas de scénarios hypothétiques liés à une alternance, mais de décisions économiques déjà prises sous l’actuelle majorité.

Nous assumons enfin de vouloir inscrire pleinement la politique économique locale dans l’agenda de la bifurcation écologique. Celle-ci représente d’ailleurs une opportunité pour renforcer les filières industrielles, soutenir l’innovation, développer les mobilités durables et créer des emplois non délocalisables. La vitalité économique de Toulouse repose sur la qualité du dialogue entre collectivités, entreprises, salariés et monde de la recherche. L’alternance démocratique ne saurait être assimilée à une menace. Elle peut au contraire être l’occasion de renouveler les coopérations et d’accompagner les grandes
transitions industrielles. Toulouse dispose d’atouts considérables pour relever les défis économiques, sociaux et climatiques des années à venir.

C’est dans cet esprit de responsabilité que nous souhaitons poursuivre les échanges avec l’ensemble des acteurs économiques du territoire.
Le 22 mars, parce que nous refusons les discours de peur et voulons ouvrir une nouvelle étape de développement économique, social et écologique pour Toulouse, nous appelons clairement les Toulousaines et les Toulousains à voter pour la liste « Demain Toulouse, La gauche unie », conduite par François Piquemal et François Briançon.

Christine Arrighi, Députée de la Haute-Garonne, co-présidente du Groupe d’étude Aeronautique et
espace de l’Assemblée Nationale.
Marc Péré, Maire de L’Union, ancien Directeur Général d’Aerospace Valley.

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