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11 janvier / Conférence – débat Hendrik Davi “Le capital c’est nous !”

Les amis de la revue Démocratie et Socialisme organisent avec le soutien de la Gauche écosocialiste et la Gauche Démocratique et Sociale 31 une conférence- débat avec Hendrik Davi, député des Bouches du Rhône qui viendra présenter son dernier livre “Le capital, c’est nous.”
Député LFI-NUPES à Marseille, Hendrik Davi est directeur de recherche de recherche et responsable CGT et l’INRAE. Après un doctorat d’écologie obtenu à l’université d’Orsay , il mène depuis vingt ans des recherches sur la vulnérabilité et l’adaptation des forêts au changement climatique.
Il dénonce le captitalocène et sa course effrénée de l’accumulation du capital qui conduit à la crise écologique .Dans ce dernier livre,  il défend également l’idée que la démocratie doit être la boussole de la société : le Capital, c’est nous.
Cette conférence aura lieu Jeudi 11 janvier à 19H la Maison de la Citoyenneté, Place du marché aux cochons à Toulouse. (Métro Minimes Ligne  B)
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https://blogs.mediapart.fr/hendrik-davi/blog/061023/le-capital-c-est-nous

Quand on écrit un livre, surtout quand c’est le premier, il est utile pour le lecteur ou la lectrice d’en expliquer la genèse.

Commençons par cela.

Depuis décembre 1995, date de mon entrée en politique, je suis intimement convaincu qu’il existe une contradiction insoluble entre la dynamique d’accumulation infinie du capital et la finitude de notre planète. Une société qui se donne comme mantra -de travailler plus, pour gagner plus, consommer plus, polluer plus – ne peut pas, dans le même temps, préserver notre planète. L’importance de la question écologique m’a conduit à choisir le métier de chercheur en écologie. J’ai donc fait une thèse sur l’effet des changements climatiques sur les forêts et mon activité scientifique s’est concentrée ensuite à l’INRAE sur la vulnérabilité et l’adaptation des forêts au changement climatique.

Ma seconde conviction, très ancienne, est que le système capitaliste est un régime chaotique pétri de contradictions. C’est un régime de crises, 2008 étant la dernière en date. Or l’issue de ces contradictions n’est jamais spontanément l’avènement « des jours heureux », mais souvent la guerre et le fascisme. Mon engagement politique a d’ailleurs été profondément marqué par les mouvements anti-guerres en Afghanistan et en Irak, puis par le mouvement altermondialiste. Une issue socialiste et écologiste aux crises que nous vivons nécessite donc que des forces organisées mettent en œuvre collectivement des stratégies conscientes à la fois dans nos luttes mais aussi lors des élections.

En 2008, au lendemain de l’échec d’une candidature antilibérale unitaire que j’avais ardemment défendue en tant que membre de la direction de la LCR, j’expliquais à un ami les raisons de mes convictions anticapitalistes. Il m’a dit : écris un livre ! J’ai alors commencé à rédiger les premiers paragraphes du livre publié aujourd’hui.

Si mon travail de scientifique et mon engagement syndical croissant à la CGT et à la France insoumise m’ont éloigné de ce projet d’écriture, cette expérience a aussi nourri ma réflexion. J’ai par exemple compris l’importance des élections lorsque j’ai choisi de quitter le NPA pour faire la campagne de Jean- Luc Mélenchon en 2012.

Avec le COVID et mon élection en tant que député LFI-NUPES en juin 2022, je me suis de nouveau attelé à ce travail de fond. Entre-temps, j’ai ressenti le besoin de parfaire ma formation en obtenant une licence de philosophie (2011) et un master d’épistémologie (2012). Je voulais comprendre la dialectique, vaste sujet !

Cet ouvrage est donc le fruit d’une multiplicité d’approches issues de mes expériences en tant que militant politique, syndicaliste, écologue et un peu philosophe. Il me semble que c’est ce qui fait son originalité.

Voici maintenant en quelques lignes le contenu du livre et ce qui fait son originalité.

Dans la première partie, j’explique pourquoi des révolutions sont aujourd’hui nécessaires, car la logique folle d’accumulation du capital et de surconsommation épuise à la fois les travailleurs et les écosystèmes.

Dans la deuxième partie, je tente de décrire ce à quoi pourrait ressembler un horizon écosocialiste, émancipé du capital. Cet horizon radicalement démocratique et autogestionnaire ne peut pas être un socialisme d’État jacobin et planificateur. Si nous devons sortir de la logique des profits et préserver nos communs avec des services publics rénovés, il y aura probablement toujours des marchés privés où s’échangent des biens et des services.

Dans la troisième partie, j’essaye de réfléchir à une stratégie d’ensemble permettant, dans un processus de révolutions permanentes, de reprendre le volant à des classes dominantes ultra-minoritaires, qui profitent à plein du cours actuel du capitalisme. Cette lutte se mène, selon moi, dans des différents champs, syndicaux, politiques et associatifs, tout aussi importants les uns que les autres.

La dernière partie vise à traduire cette stratégie d’ensemble dans la situation française. Je reviens notamment sur nos tâches au sein de la France insoumise et sur les moyens de faire gagner en 2027 la gauche et l’écologie sur une ligne de transformation radicale de la société. Pour cela, la Nupes est un acquis inestimable. Enfin, je finis par une réflexion sur le jour d’après en cas de victoire de notre camp pour ne pas réitérer les échecs de Syriza en Grèce ou de Mitterrand, Jospin et Hollande en France et sur les conditions d’une contagion internationale d’un processus révolutionnaire.

Quelles sont les originalités de cette vision d’ensemble, par rapport à d’autres ouvrages ?

D’abord, j’ai essayé dans toutes les parties d’examiner comment se croisent les différentes formes de prédation : capital-nature, capital-travail, homme-femme, non-racisé-racisé, colons-colonisés… Les luttes contre le patriarcat et contre le racisme sont pour moi aussi centrales que celles à mener contre le productivisme et le capital. J’examine la spécificité de chaque système de prédation et leur intersectionnalité, sans jamais les hiérarchiser.

La seconde originalité est la centralité pour moi de la question démocratique. La démocratie à tous les étages est le point de départ pour construire un horizon émancipateur. Nous avons besoin d’une VIe république plus démocratique, mais aussi de redonner des pouvoirs aux travailleurs au sein de l’entreprise. Et pour y parvenir, nous avons besoin de plus de démocratie dans nos syndicats, nos partis et nos associations. Ce grand partage des pouvoirs a aussi comme condition un partage des savoirs sur lequel je reviens longuement. Ce sera d’ailleurs le sujet de mon prochain livre.

Une autre originalité est ma conviction profonde qu’il n’existe pas de raccourcis révolutionnaires, pas de grand soir, mais ni César, ni tribun non plus. Nous devons collectivement cheminer patiemment et donc construire méthodiquement les organisations collectives dont nous avons besoin. Prenez votre carte dans un parti, syndiquez-vous, construisez de nouvelles associations et plus généralement organisez-vous. Ce sont toujours mes mots d’ordre favoris.

Ce livre a comme objectif d’être une boussole pour tous ceux et celles qui souhaitent collectivement s’orienter sur le chemin d’une société émancipée du productivisme, du patriarcat et du profit.

Pour publier ce livre, j’ai choisi Hors d’atteinte, une maison d’édition marseillaise de gauche, féministe et anti-raciste en cohésion avec mes convictions. Je remercie mon éditrice Marie Hermann pour l’immense travail effectué et pour sa confiance dans ce projet un peu fou.

Le livre est disponible évidemment dans toutes les bonnes librairies à partir d’aujourd’hui, mais vous pouvez le commander à l’éditeur ici, ce qui permet d’éviter Amazon…

https://www.horsdatteinte.org/boutique/

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